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vendredi 28 décembre 2012

Une petite entrée festive : méli-mélo de lentilles, endives, saumon fumé et pangritatta



J'espère que vous avez passé un bon Noël et que vous n'avez pas fait une indigestion à cause de toute la bonne chère ingurgitée les 24 et 25, car il reste encore à passer le réveillon de la Saint-Sylvestre et son lot de joyeuseries culinaires. Il faut bien commencer 2013 en beauté, puisque la fin du monde n'est pas encore pour tout de suite, autant en profiter !

Le beau temps est revenu chez nous, début d'été, il était temps, et c'est une entrée froide, tout en légèreté et en saveurs que je vous propose pour votre repas du 31 (ou celui que vous voudrez, je ne fais que proposer !). Comme je vous le disais dans mon précédent article, j'ai trouvé cette recette dans le dernier numéro du magazine El Gourmet, enfin, pour être honnête, c'est une demande express du Rey. Il est arrivé l'autre soir, la revue dans les mains, me montrant la couverture de ses yeux suppliants et me disant "Ça a l'air bon ça...". Impossible d'être plus explicite ! Et quand il s'agit de tester une recette qui sort de l'ordinaire et qui contient du saumon fumé, mon délice, je suis toujours partante.

Création de "Los Petersen", de leurs noms Christian et Roberto, deux cuisiniers argentins, et de surcroit fréros, cette salade fait partie d'un menu spécial pour les fêtes élaboré pour l'occasion, "a lo grande, una mesa simple, tentadora, desbordante, para disfrutar y festejar sin timideces, en familia y con ganas" ("en grand, une table simple, tentante, débordante, pour profiter et célébrer sans timidité, en famille et avec envie"), selon les mots de la rédaction. J'avoue que je ne suis pas fan du programme qu'ils présentent sur la chaine, trop macho et exubérant à mon goût, mais les recettes proposées ici m'ont beaucoup plu et je vais certainement en essayer d'autres bientôt.

En attendant, voici celle dont il est question aujourd'hui, vraiment simple à réaliser, et pour ceux qui se demanderaient ce qu'est la "pangritatta" (rassurez-vous, je ne savais pas non plus), c'est une sorte de crumble salé à base de miettes de pain (ici de focaccia), d'herbes aromatiques, d'huile d'olive et d'ail. On l'appelle aussi "le parmesan du pauvre" car il est né dans le Sud de l'Italie comme alternative à l'onéreux fromage, du fait de ses ingrédients modestes. Ici, il sera un peu plus élaboré, repas de Fête oblige, et, promis, la recette de la focaccia fera l'objet de mon prochain post.




Ingrédients (pour 4 personnes)

Pour la salade :
500 g de lentilles
200 g de saumon fumé
2 endives
2 échalotes
un bouquet d’aneth
plusieurs tiges de ciboule

Pour la pangritatta :
100 g de focaccia
50 g de jambon cru
1 gousse d’ail
thym frais
romarin frais
grains de poivre
huile d’olive

Pour la vinaigrette :
1 cuillère à soupe de moutarde
vinaigre balsamique
vinaigre de vin
huile d’olive
sel et poivre

Commencer par cuire les lentilles. Si vous avez une cocotte-minute, laisser environ 10-15 minutes à partir du sifflement ; si vous n'en avez pas, laisser tremper les lentilles plusieurs heures (ou la nuit) dans de l'eau, puis les faire bouillir à feu doux pendant 15 minutes.
Les égoutter et les laisser refroidir.

Pendant ce temps, préparer la pangritatta.
Disposer sur une plaque tous les ingrédients coupés en petits morceaux et les arroser d'huile d'olive.
Enfourner à 180° jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés.
Sortir du four et mixer jusqu'à obtenir des mies "rustiques" (comme je n'ai pas de mixeur, j'ai recoupé grossièrement le mélange à la main pour les rendre plus fines).

Préparer la vinaigrette.
Mélanger dans un bol la moutarde, les vinaigres, le sel et le poivre.
Incorporer l'huile d'olive et remuer pour bien émulsionner.

Une fois que les lentilles sont froides, les mélanger avec l'échalote ciselée, les tiges de ciboule coupées en brunoise, les feuilles d'endive et les brins d'aneth.
Disposer dans un saladier ou dans des assiettes individuelles.
Assaisonner avec la vinaigrette préparée précédemment, saupoudrer de pangritatta, et rajouter le saumon en corolle (vous pouvez l'arroser d'un filet de jus de citron, pour moi, ces deux-là vont de pair !).




Je ne vous avais pas menti, c'est simplissime à faire, et c'est une bonne variation sur l'utilisation du saumon fumé en entrée.

Pour la petite information, la plante aux feuilles en forme de papillon qui fait sa star sur les photos est un "trébol morado", autrement dit un "trèfle pourpre", une plante originaire d'Afrique du Sud que l'on trouve beaucoup à Bariloche. Elle a la caractéristique de se refermer le soir et, à l'heure où je vous écris, elle est déjà bien partie pour sa nuit.
Je devrais en faire de même, mais j'ai une pâte à viennoiseries au frigo qui n'attend que moi pour être détaillée en croissants et pains au chocolat pour le petit-déjeuner. Croisons-les doigts pour qu'elle soit feuilletée, je vous en reparlerai bien !



Elle était tout de même bien appétissante cette couverture...


¡Buen provecho!

samedi 22 décembre 2012

Budín de almendras ou Gâteau aux amandes



J-2 avant Noël, il faut que je me dépêche de publier mes dernières recettes de Fêtes ! Qui sait, elles vous inspireront peut-être... Celle que je vous présente aujourd'hui, je l'ai piochée dans le numéro de décembre de la revue El Gourmet (pour le prochain article, je vous réserve la recette qui est en couverture), que l'on achète tous les mois car elle regorge de bonnes idées de cuisine et de recommandations de grands chefs. Une occasion de vous parler de ce représentant du bon goût en Argentine.

A l'origine, El Gourmet (vous noterez l'emploi de notre mot français que l'on met ici un peu à toutes les sauces) est une chaine de télévision culinaire fondée en 2000 par Gato Dumas, l'un des plus célèbres cuisiniers argentins. Dédiée à la bonne cuisine, elle diffuse un grand nombre de programmes présentés par de grands chefs nationaux, comme Osvaldo Gross, Dolly Irigoyen, Francis Mallmann, ainsi qu'étrangers, du Mexique (José Ramon Castillo), en passant par l'Espagne (Borja Blazquez) et l'Italie (Donato De Santis), jusqu'au Japon (Takehiro Ohno). C'est ainsi que j'ai pu y découvrir 2 échappés de France depuis de nombreuses années, Bruno Gillot et Olivier Hanocq, lors de leur émission "Bon Appétit", où ils mettaient au goût du jour des plats traditionnels français. Au bout de 25 minutes, leur table était toujours pleine de mets délicieux et de pains dorés qui invitent à croquer dedans (surtout quand on sait ce à quoi on est condamné ici...). Je crois que l'on n'a raté aucune de leurs émissions avec Rey et, plus généralement, on se retrouve souvent devant cette chaine de très bonne qualité qui explore une cuisine que l'on ne retrouve pas dans le quotidien des argentins.

Depuis le mois de novembre, j'ai découvert le nouveau programme "Dulce Arte", présenté par la pâtissière Isabel Vermal et je termine chaque fois l'eau à la bouche. C'est justement elle qui est responsable de la section "La gran mesa dulce" dans le dernier numéro de El Gourmet dont je vous parlais plus haut et, en voyant ça, je n'ai pas pu résister. Le choix a été dur car j'avais envie de réaliser tous les desserts (Mousse de Pêche, Mousse Tropicale, Entremets à la vanille, à la crème de noix et de châtaignes...), mais je me suis finalement décidée pour le Budín de almendras. En Argentine, le mot "budín" (non, pas boudin, prononcez "boudine") désigne ce que l'on appelle en France "cake", il se déguste sous différentes formes et saveurs que l'on trouve généralement dans toutes les boulangeries. Il m'est arrivé d'en acheter pour y goûter mais l'expérience a été bien décevante, la texture étant trop sèche, le goût fade étant maladroitement camouflé par une large couche de dulce de leche (confiture de lait).

Venant d'une grande chef, je me suis dit que je ne risquais pas d'avoir ce genre de problème et j'en ai eu la confirmation très rapidement. Nous avions, avec les profs de l'Alliance, un petit goûter de fin d'année jeudi dernier, et elles ont toutes adoré ce gâteau pour son goût et surtout son côté moelleux car, pour un cake, le côté étouffe-chrétien ça ne le fait vraiment pas ! Je n'ai pas de moule rond mais j'ai trouvé des moules en papier du type panettone et je n'ai eu aucun problème pour les cuire. En plus du glaçage au citron qui accentue le petit côté Noël blanc de ce gâteau, je vous donne la recette des "almendras garrapiñadas", les traditionnelles amandes en croûte de sucre ou pralinées, un classique des sucreries de fin d'année en Argentine, qui viennent parfaire le décor.





Ingrédients (pour un gros gâteau ou deux moyens)

* pour le gâteau :
140 g de poudre d'amandes
130 g de sucre glace
130 g de beurre pommade 
50 g de jaunes d'oeuf
1 oeuf entier 
4 cuillères à café d'extrait de vanille
20 g de lait
80 g de blancs d’œuf
30 g de sucre semoule
70 g de farine
2 cuillères à café de levure
150 g d'amandes

* pour le glaçage d'agrume :
12 cuillères à soupe de sucre glace
jus d'un citron

* pour les almendras garrapiñadas :
50 g d'amandes mondées et grillées
150 g de sucre

Dans un saladier, commencer par mélanger la poudre d'amandes, le beurre pommade et le sucre glace jusqu'à obtenir un ensemble bien crémeux.
Ajouter les jaunes d’œuf, l’œuf entier, l'extrait de vanille et le lait.
Battre les blancs d’œuf en neige et incorporer peu à peu le sucre jusqu'à obtenir une meringue légère.
Tamiser ensemble la farine et la levure. Réserver.
Incorporer délicatement la meringue à la pâte à l'aide d'une spatule.
Ajouter le mélange sec et les amandes coupées en petits morceaux.
Verser la préparation dans un moule rond beurré ou des moules en papier.
Enfourner à 160° durant une heure.




Pendant la cuisson, préparer les almendras garrapiñadas.
Si vous n'avez pas d'amandes mondées, faire bouillir de l'eau et y plonger les amandes entières pendant une minute.
Les égoutter, les passer sous l'eau froide et en retirer la peau.
Les faire griller dans une poêle chaude et les maintenir au chaud.
Mettre le sucre dans une casserole et le couvrir d'eau.
Faire chauffer jusqu'à obtenir un sirop à 121°.
Verser les amandes chaudes dans le sirop et remuer constamment.
Retirer du feu et continuer à remuer jusqu'à ce que le sucre se cristallise autour des amandes. 




Au bout d'une heure, vérifier la cuisson du ou des gâteaux avec un couteau, la lame doit ressortir propre.
Laisser tiédir et préparer le glaçage.
Mélanger le jus de citron avec le sucre glace jusqu'à obtenir une consistance pas trop liquide.
Recouvrir le haut du ou des gâteaux de glaçage et couronner avec 2 ou 3 amandes.
Conserver bien emballé dans du papier film pendant une journée avant la dégustation, le gâteau n'en sera que meilleur !





Et voilà le fameux magazine El Gourmet et la présentation originelle du Budín de almendras par Isabel Vermal (que l'on aperçoit sous l'assiette !)



¡Buen provecho y Feliz Navidad!