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vendredi 30 novembre 2012

Gâteau meringué à la framboise, au citron et à l'huile d'olive, un délice signé Pierre Hermé


Comme je vous le disais il y a 2 semaines à propos des tartelettes aux fraises, on sent que l'été approche au cœur de la Patagonie argentine en voyant les beaux fruits colorés qui débarquent sur les étals, le soleil préférant jouer encore un peu à cache-cache...! En attendant de vous raconter ce que j'ai fait des mes premières myrtilles et des mes jolis petits abricots, laissez-moi vous parler un peu de ma rencontre avec cette baie délicate et parfumée qu'est la framboise.

J'ai acheté ma toute première barquette de l'année la semaine dernière, heureuse de pouvoir enfin en trouver autres que congelées. J'adore les grignoter telles quelles ou les mélanger à un yaourt nature pour lui apporter une petite touche sucrée, mais comme elles étaient encore un peu acides, je me suis dit que j'allais les transformer en dessert (toutes les excuses sont bonnes quand on s'appelle Señorita Golosa, ou Mademoiselle Gourmande en français !). J'ai cherché dans tous mes blogs préférés une recette susceptible de m'intéresser et je dois dire que j'ai bloqué quand je suis tombée sur ce post du blog Chocolat et caetera. J'ai continué à fureter, histoire de, et quand j'ai retrouvé la même recette chez Mercotte, je me suis dit "Allez hop, c'est parti pour celle-là".

Mais, pour quoi au fait ? Pour le gâteau meringué à la framboise, au citron et à l'huile d'olive (rien que ça, ça en jette, mais attendez ce qui vient après) du pâtissier de génie Pierre Hermé. Je ne vous cacherai pas que j'ai quand même hésité en voyant son nom, la petite apprentie se disant qu'elle aurait un peu de mal à suivre un grand Chef, mais à la lecture de la recette, mes dernières résistances se sont envolées (aussi un peu sous la pression des cris désespérés de mon estomac qui ne désirait qu'une chose, goûter à cette merveille !). J'aurais vraiment eu tort de ne pas l'essayer, la réalisation est très simple, vous aurez juste besoin d'un bon tour de main pour la meringue (que vous pouvez néanmoins omettre si vous n'aimez pas ça) et le résultat est simplement divin. Rey, lui-même, n'a pas pu y résister (je ne parle pas de moi, à ce stade, ça ne compte plus), il l'a entamé avant même d'avoir pu le meringuer (ce verbe existe-t-il vraiment ??) et le prendre en photo. D'habitude, c'est moi qui ne tiens pas !


Contrainte, j'ai dû modifier un peu la recette originale : il ne me restait, en effet, que 60 grammes d'huile d'olive, et j'ai décidé de compenser en ajoutant la purée d'amande qui attendait patiemment de lui trouver une bonne utilisation (les 100g m'ont coûté 25 pesos, soit presque 5 euros, donc un petit luxe à ne pas gaspiller...). Je ne sais pas si le goût était très très différent du gâteau originel (il va falloir que je le teste), on l'a en tout cas trouvé parfait ainsi.



La voilà la fameuse part volée par Rey !


Ingrédients (pour 10 belles parts) 

Pour le gâteau : 
200g de sucre
le zeste de 2 citrons
4 œufs
3 cuillères à soupe de lait 
245g de farine
1 cuillère à café de levure
1 cuillère à soupe de jus de citron
100g de beurre demi-sel fondu (si comme moi vous n'en avez pas, prenez du beurre normal et ajouter un peu de sel au mélange) 
185g d’huile d’olive (privilégier une bonne marque, la saveur du gâteau n'en sera que meilleure, vous pouvez aussi remplacer 100g d'huile par de la purée d'amandes blanches) 
120g de framboises (j'ai pris des fraiches mais ça doit très bien marcher avec des congelées)

Pour la meringue italienne 
130g de sucre 
5mL d'eau 
2 blancs d’œuf

Préchauffer votre four à 180°C. 
Mélanger le sucre et le zeste de citron finement râpé (essayer de ne prendre que la partie jaune, la blanche est plus amère). 
Ajouter les œufs et fouetter jusqu’à ce que le mélange blanchisse. 
Incorporer rapidement le lait, la farine et la levure tamisées ensemble, mélanger bien l'ensemble.
Terminer par ajouter le jus de citron, le beurre fondu et l’huile d’olive. 
Verser la moitié de la pâte dans un moule rond beurré, tapissé de papier sulfurisé ou en silicone (petits veinards !).
Recouvrir la pâte de framboises, puis verser le reste de l'appareil.
Faire cuire le gâteau pendant une trentaine de minutes (ça c'est ce que dit Pierre Hermé, mon gâteau, lui, a cuit en 1h, donc à vous de voir en fonction de votre four et ne vous inquiétez surtout pas s'il met plus de temps que celui indiqué par le chef).
Démouler le gâteau encore chaud et le laisser refroidir.

Pendant ce temps, préparer la meringue.
Faire chauffer le sucre et l'eau dans une casserole afin d'obtenir un sirop. 
Battre les blancs en neige bien fermes.
Quand le sirop atteint 120° (si vous n'avez pas de thermomètre comme moi, tester la température en versant une goutte de sirop dans un verre d'eau froide, elle doit former une petite boule, c'est ce qu'on appelle "le petit boulé"), le verser en filet sur les blancs en neige et continuer de battre énergiquement jusqu'à ce que la meringue refroidisse.
En remplir une poche à douille à bout cannelé et laisser jouer votre inspiration pour la décoration !
Dorer la meringue au chalumeau ou en repassant le gâteau 5 à 10 minutes sous la grille du four. 





Comme vous le voyez sur la photo, le gâteau a bien levé à la cuisson, il était parfaitement moelleux et délicatement parfumé, sans qu'aucune des saveurs ne vienne prendre l'ascendant sur les autres.
Un conseil : il est meilleur le lendemain, les framboises ayant eu le temps de se gorger des arômes sucrés de la pâte, alors une fois qu'il est cuit, laissez-le reposer et meringuez-le au dernier moment (si vous pouvez patienter jusque-là !).






¡Buen provecho!

lundi 12 novembre 2012

Le gâteau marbré de Mémé et c'est toute l'enfance qui revient


Des recettes de cakes marbrés, il en existe des centaines, toutes plus alléchantes les unes que les autres, mais si bonnes soient-elles, il y en a toujours une qui aura ma préférence : celle de ma Mémé à moi. Il y a de ces douceurs qui marquent votre vie et que vous prenez toujours le même plaisir à déguster, sans que rien ne puisse vous en dégoûter. Eh bien, pour moi, cet indémodable, c'est bien le marbré. Chaque fois que nous partions en vacances, ou qu'un certain Tonton cuisinier chez Lenôtre venait nous voir, Mémé dégainait son fantastique gâteau qui ne faisait pas de vieux os parmi nous ! J'étais même jalouse quand Pépé et elle partaient seuls dans la maison de campagne du cher Tonton, emportant dans ses bagages l'objet de mon adoration, sans que je puisse, bien sûr, en chiper un morceau...

Depuis que je suis arrivée à Bariloche, c'est la pâtisserie que j'ai le plus cuisinée, dans le but ultime de retrouver la saveur unique que ma grand-mère sait à chaque fois lui donner. Je l'ai fait goûter à des amis, à mes élèves qui ont tous adoré (l'équivalent du cake en Argentine est le budin, qui se prépare dans le même moule, mais il est généralement sec et trop sucré selon moi...), mais je dois avouer que je n'ai pas encore réussi à obtenir le goût tant désiré. Au cours de mes nombreux appels à Mémé, à la recherche du marbré perdu, je lui ai demandé et redemandé les détails de sa préparation, pour voir ce que je ne faisais pas comme il faut, mais je n'ai pas pu percer le mystère. Selon elle, la différence viendrait des ingrédients, farine et autre cacao qui ne sont pas "ceux de chez nous", même si je reste persuadée que sa magie est à l’œuvre dans sa cuisine et que le mien ne sera jamais exactement pareil... Face à mon désespoir, elle m'a promis de venir m'accueillir à l'aéroport, lors de mon retour, son délice en main et ça c'est une image qui me laisse déjà rêveuse !

Je vous donne sa recette telle quelle, je ne l'ai pas modifiée (pourquoi changer une équipe qui gagne ?!), elle vous assure un gâteau humide, fondant et parfaitement équilibré, le compagnon idéal pour vos goûters et vos petits déjeuners (je l'ai toujours mangé à cette occasion, rien de tel pour égayer la journée).





La carte postale est de Pépé et Mémé. Ouistreham, on y était presque grâce eux...
Ingrédients (pour un moule à cake standard)

125g de beurre
200g de sucre semoule
250g de farine
3 œufs
1 paquet de sucre vanillé*
1/2 paquet de levure chimique alsacienne
1 tasse de lait (pas un mug !)
3 cuillerées de cacao amer (privilégier du chocolat de qualité, cela fera toute la différence)

Dans un saladier, commencez par travailler le beurre en crème.
Ajoutez le sucre et fouettez bien jusqu'à blanchir le mélange.
Cassez les œufs en séparant les jaunes des blancs. Réservez les blancs dans un autre saladier et ajoutez les jaunes au mélange beurre-sucre.
Tamisez la farine avec la levure et ajoutez-les au mélange beurre-sucre-jaune avec le lait et le sucre vanillé.
Montez les blancs en neige très fermes avec une pincée de sel et incorporez-les délicatement au reste de la préparation.
Partagez la pâte en 2 parties égales et dans l'une ajoutez le cacao délayé dans un peu de lait.
Beurrez et farinez un moule (sauf s'il est anti-adhésif). Versez-y d'abord la préparation blanche puis celle avec le chocolat. Vous pouvez mélanger avec la pointe d'un couteau pour accentuer le côté marbré mais je ne le fais jamais, la magie opère pendant la cuisson, la partie chocolatée étant plus liquide que l'autre.
Cuire à four modéré (180°) pendant une heure environ. En fonction de vos fours, je vous conseille de surveiller régulièrement la cuisson afin d'éviter un carnage. Le mien étant un vieux four à gaz qui crame tout, je ne le laisse jamais aussi longtemps (ce ne serait plus un marbré mais un carbonisé que j'obtiendrais...) et niveau température, je ne peux pas dire, il n'y en a pas !
Démoulez le gâteau et laissez-le entièrement refroidir sur une plaque avant de vous en couper une tranche bien généreuse :)


Si vous avez décidé d'être raisonnables et de ne pas tout dévorer d'un seul coup, emballez bien votre marbré dans du papier d'aluminium ou du papier film, il se conserve plusieurs jours sans problème.



¡Buen provechO! 

dimanche 11 novembre 2012

Mariage de l'endive et de l'asperge verte sur un autel de crème, poulet et petits lardons



Le mois dernier, pour célébrer notre anniversaire (2 ans !!), nous avons décidé de nous offrir un bon restaurant en guise de cadeau et de faire l'impasse sur les parillas (restaurants de viande cuite au barbecue, le grill se disant "parilla"), pizzas, pâtes et autres milanesas (escalopes milanaises) typiques de la cuisine d'ici. On m'avait parlé, à l'Alliance française où je donne des cours, d'une table tenue par un cuisinier français et l'occasion nous a paru parfaite pour aller l'essayer. Ni une, ni deux, la réservation était faite et nous avons donc poussé la porte de Chez Philippe, petite maison éloignée du centre de Bariloche mais qui vaut vraiment le détour.

Un peu en retard, nous avons eu peur de perdre notre table mais, à notre entrée, nous avons trouvé une salle vide et nous sommes restés les seuls convives de la soirée. Loin de nous déplaire, nous avons choisi une position stratégique près de la cheminée où crépitait un bon feu (il faisait encore bien froid alors que ce week-end les températures ont dépassé les 25 degrés) et commencé à découvrir la carte tant attendue. Privilégiant la qualité à la quantité, le chef propose une sélection restreinte de plats et nous avons vite fait notre choix : endives à la crème, poulet et lardons en entrée, fondue au fromage en plat (la spécialité de la maison) et profiteroles en dessert (les premières depuis bien longtemps !). Tout était délicieux, le service très attentif et le fait de pouvoir parler français avec la fille du Chef, un petit plus qui fait toute la différence.

A ma grande surprise, Rey a adoré les endives (il n'est pas trop légumes cuits...) et, en rentrant, je lui ai promis de lui refaire cette entrée qui nous avait vraiment conquis. Notre serveuse m'avait expliquée que la recette venait de Jean-Paul Bondoux, le Chef français de l'Alvear Palace Hotel de Buenos Aires, alors je me suis rapidement mise à sa recherche sur Internet mais, pas de chance, point de recette disponible. En tapotant un peu plus longuement, je suis tombée sur un plat similaire, sur le site de Cuisine AZ. Je l'ai un peu modifiée pour atteindre le résultat souhaité et la dégustation a été concluante. L'ingrédient secret était donc le cognac et je n'ai pas regretté mon investissement (Rey non plus d'ailleurs, lui qui aime les tragos d'alcool fort...).

Si vous avez des réfractaires de verdure à la maison, c'est une excellente manière de leur faire avaler ces légumes, pourtant si bons, sans leur arracher de grimaces de dégoût ou de remarques désagréables ! Car dans ma version, il y a non seulement des endives mais aussi des asperges vertes (oui je sais, ce n'est pas encore la saison pour vous, mais ne désespérez pas, ça viendra bientôt), donc le double de bonnes raisons pour la préparer.



Ingrédients (pour 2-3 personnes)

2 blancs de poulet (pas trop gros)
2 endives + quelques feuilles pour la présentation
200g d'asperges vertes (je n'ai mis que les points et une petite partie de la tige)
1/2 oignon
200g de lardons fumés
100g de crème fraîche
4 bouchons de cognac
1 cuillère à soupe de farine
2 noix de beurre
un peu de persil pour la décoration
sel et poivre

Coupez les blancs de poulet en petites lamelles et farinez-les.
Faites fondre une noix de beurre dans une casserole et mettez-y les lamelles de poulet. Salez, poivrez.
Ajoutez 2 bouchons de cognac. Faites-les revenir jusqu'à ce qu'elles soient dorées. Réservez.
Pendant que le poulet dore, lavez les endives et les asperges. Couper une des 2 endives en petits morceaux et réservez les feuilles de la deuxième. Épluchez la tige des asperges.
Dans la même casserole qui a servi à dorer le poulet, faites revenir les lardons avec une noix de beurre, ajoutez l'oignon émincé, ainsi que l'endive coupée en tous petits morceaux. Laissez mijoter 5 min environ.
Ajoutez-y les lamelles de poulet, les feuilles d'endive entières et les asperges. Laissez mijoter à couvert 20 min environ.
Au bout de 15 min, ajoutez la crème fraîche et les 2 bouchons restant de cognac.
Pour le service, vous pouvez disposer la préparation dans des feuilles d'endives crues et parsemer le tout d'un peu de persil plat.





Voilà un plat qui change un peu de la salade d'endive ou des endives au jambon ! Nous avons tellement apprécié que j'ai déjà prévu de le refaire bientôt, avant qu'il n'y ait plus d'endives et d'asperges, ce qui ne saurait tarder...

mardi 23 octobre 2012

La brioche pré-tranchée : vivement dimanche !



J'imagine ne pas être la seule dans ce cas : pour moi, le petit-déjeuner est le repas le plus important de ma journée. Même lorsqu'il nous arrive de nous lever tard, à l'heure où il serait grand temps de songer au déjeuner, il est hors de question d'imaginer sauter le duo thé/tartine, si harmonieusement conçu pour accompagner le réveil. Question de principes. De tradition familiale aussi... Je me souviens quand j'étais petite, j'avais cours de natation tous les mercredis matins (oui, pas de grasse mâtinée...) et, lorsque le réveil sonnait, la première chose à laquelle je pensais et qui me donnait l'élan nécessaire pour me lever, était le goût de la confiture sur le pain beurré tendrement par ma grand-mère. On est gourmande ou on ne l'est pas !

Aujourd'hui encore, il m'arrive bien souvent de m'endormir en pensant à ce que je vais prendre le lendemain en sortant du lit, l'eau à la bouche et le rêve de gourmandise dans un coin de la tête. En bonne petite française, je mets un point d'honneur à ce qu'il y ait toujours du pain pour le petit-déjeuner, mais quand le week-end arrive, l'envie d'une table plus copieuse, où des sachets de viennoiseries me tendraient les bras, se fait parfois souvent sentir (pourquoi mentir ?!). Les boulangeries ici en proposent bien sûr sous le nom de "facturas" ou même "vienesas", mais (et je vais encore me répéter), je ne m'en régale pas autant que des nôtres. De même que pour le pain, le problème fondamental vient de la pâte qui manque définitivement de finesse et de saveur. Qu'est-ce qu'un croissant sinon la sublimation d'une pâte feuilletée ? Or, en Argentine, comme l'élément de base reste assez imparfait, le goût lui est donné en ajoutant une quantité bien tôt important de sucre, de dulce de leche (confiture de lait), de confiture, ou bien les 3 à la fois, ce qui leur fait perdre toute légèreté.




Ce week-end, je me suis donc laissée aller à la tentation et j'ai décidé de nous préparer un petit-déjeuner de rois, il faut bien se faire plaisir de temps en temps (et même plus !). Je ne me suis pas encore lancée dans l'aventure du feuilletage, ce qui ne saurait tarder, et j'ai décidé de me tourner vers une recette qui était marquée dans mes favoris depuis longtemps : laBrioche Pré-Tranchée, trouvée sur le site Le Pétrin, un vrai puits de gourmandise. La brioche n'existe pas en Argentine, pas besoin de faire toutes les boulangeries, vous n'en trouverez pas, alors il fallait de toute façon me prendre par la main si je voulais avoir le bonheur d'en déguster et je ne regrette absolument de m'être couchée tard pour la réaliser. Croyez-moi, cette recette va vous rendre encore plus impatients que le dimanche n'arrive ou vous donner l'envie de commencer votre week-end un mardi ! J'avais laissé à Rey le choix entre 3 brioches (que je ne manquerai pas d'essayer !) et nous n'avons pas du tout été déçus par le résultat.

Je n'ai rien modifié (volontairement) à la recette de Sandra Kavital qui est vraiment parfaite, mais ayant mal lu la quantité d'eau (Proust en a fait de sublimes pages sur ces mots que l'on croit lire et les conséquences de ces contresens), j'ai dû réajuster tout le reste et j'ai obtenu plus de pâte, d'où au final une brioche plus grosse et "touffue" que l'originale. Je me permets néanmoins de reprendre le didactique pas-à-pas présent sur Le Pétrin grâce auquel j'ai pu réussir cette si savoureuse brioche.

Ingrédients   (pour un moule à cake standard)
Pour la pâte briochée
  • 380g de farine T45
  • 2 cuillère à café de levure sèche instantanée (15g de levure fraîche)
  • 50g de sucre
  • 1 cuillère à café de vanille en poudre ou d'extrait (j'ai mis de l'extrait, ici la vanille en poudre est impossible à trouver)
  • 1/2 cuillère à café de sel
  • 2 œufs
  • 100ml de lait tempéré ou tiède
  • 40ml d'eau tempérée ou tiède
  • 60g de beurre mou
Pour la garniture
  • 50g de beurre fondu ou de crème liquide ou de beurre de cacahuète lisse
  • 60g de sucre roux (cassonade)
  • 15g de cacao en poudre non sucré
  • 1/2 gousse de vanille incisée et grattée
  • une grosse poignée de pépites de chocolat 

"Dans un grand saladier, verser la farine tamisée et la levure sèche instantanée et mélanger. Ajouter le sucre, la vanille et le sel et bien mélanger au fouet ou à la cuillère en bois.
Creuser un puits : verser les œufs battus, le lait tempéré et l'eau tiède.

Note: si on utilise de la levure fraîche, la délayer au préalable dans l'eau ou le lait.

Mélanger depuis le centre vers les bords en faisant tomber la farine dans le puits pour l'amalgamer jusqu'à ce qu'une pâte assez molle commence à se former. Continuer à travailler la pâte jusqu'à formation d'une boule.
Ajouter le beurre mou graduellement (en 4 ou 5 fois) en travaillant bien la pâte après chaque ajout (la pâte devient très collante mais éviter d'ajouter de la farine ou par très très petites quantités pour garder une texture souple).
Transvaser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné. Pétrir pendant 6 à 8 min ou le temps nécessaire pour obtenir une pâte souple, légèrement adhérente et bien lisse.
Placer la pâte en boule dans un saladier légèrement huilé, couvrir et laisser reposer 1h00 à 1h15 ou le temps que la pâte double de volume.

Note : à ce stade, il est possible de conserver la pâte au réfrigérateur pour la nuit, bien couverte hermétiquement avec du film alimentaire .



Pendant le repos de la pâte, préparer la garniture: dans un bol mélanger la cassonade avec le cacao en poudre et les grains de vanille. Faire fondre le beurre (si vous l'utilisez). Travailler le beurre de cacahuète pour le rendre crémeux si vous l'utilisez.
Beurrer un moule à cake standard de 23 cm de long environ.
 

A ce stade, n'hésitez pas à aller voir les photos explicatives sur Le Pétrin !

Transvaser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné et la replier 1 ou 2 fois pour la dégazer partiellement. Former un rectangle grossier en aplatissant avec la paume des mains (s'assurer que le dessous de la pâte soit fariné et que la surface ne colle pas).
Étaler délicatement au rouleau de façon à former un rectangle d'environ 50 cm de long sur 30 cm de large. Selon votre choix, étaler le beurre fondu (ou la crème liquide ou autre) puis répartir harmonieusement la préparation cacaotée. Parsemer de pépites de chocolat ou de chocolat hâché ou rapé.
Avec une roulette à pizza/pâtisserie (j'ai pris un couteau et ça fonctionne très bien), diviser le rectangle sur la longueur en 6 bandes égales (environ 8 cm de large).
Empiler délicatement les bandes les unes au-dessus des autres puis découper la pile en 6 "parts" rectangles à l'aide d'un coupe-pâte. Placer les parts verticalement dans le moule préparé soit bien alignées, soit un peu en biais pour un effet plus "rustique".
Couvrir avec du film alimentaire et laisser reposer environ 45 min ou le temps que la pâte atteigne au moins le bord du moule (elle ne double pas de volume mais gonfle suffisamment).

Préchauffer le four th. 6 (180°C). Enfourner la brioche et laisser cuire pendant 30 min environ : la surface doit prendre une couleur caramel assez foncée (sortie trop tôt, le centre de la brioche ne serait pas complètement cuit). Laisser tiédir dans le moule une quinzaine de minutes puis démouler et retourner sur le plat de service."


Et on pousse la gourmandise jusqu'à l'extrême avec un peu de confiture de figue !
  
Sandra Kavital nous conseille de déguster la brioche le jour même car elle ne se conserve pas bien mais, rassurez-vous, au bout de 48h elle est encore délicieuse ! Il semble y avoir beaucoup d'étapes mais le jeu en vaut la chandelle et elle ne nécessite pas d'être apprenti chez LeNôtre pour la réussir. Même sans machine à pain ni robot (ce qui est mon cas), cette recette est tout à fait accessible alors n'attendez plus, au pétrissage !

mercredi 17 octobre 2012

Et enfin revint le goût du bon pain


Depuis que je parcours les blogs culinaires à la recherche de petits plats pouvant égayer le quotidien, j'ai découvert que l'une des premières choses qui rassemble les expatriés français, quelque soit leur lieu de vie, est le manque du bon pain de chez nous. Combien de cris de désespoirs ne lit-on pas au hasard d'une page de commentaires au sujet d'une recette de "baguette parisienne" ou d'un "pain de campagne", ce que tout un chacun (en France !) peut trouver aisément dans la boulangerie au coin de la rue. Pour tous ceux qui en ont été privés suffisamment longtemps pour qu'une simple vidéo vous arrache des larmes et vous oblige à vous relever à 3 du matin pour vous lancer dans un frénétique pétrissage, le croquant d'une baguette qui sort du four n'a pas de prix.

Depuis un an que j'étais en Argentine, j'avais tristement perdu ces précieuses sensations auxquelles on n'accorde vraiment toute leur valeur que lorsqu'elles nous échappent. Ici, et je n'ai pas mauvaise conscience à le dire, le pain est sans saveur. Sentez-le et il n'a pas d'odeur. Il ne chante ni aux pupilles, ni aux papilles. A la différence de chez nous où l'on achète le pain à l'unité, le pain ici se vend au poids, dans de grands sacs plastiques ce qui me semble un profond manque de respect envers un mets si précieux. Question de culture sans doute, le pain a, en effet, une place privilégiée dans l'imaginaire français et représente une part très importante de notre alimentation (au XVIIIe siècle, la consommation de pain en France était environ de 1,5 à 2 kilos par jour et par personne...).

De guerre lasse contre des croûtes molles et des mies dures (moi non plus je ne comprends pas comment c'est possible !), j'ai décidé de me lancer dans une réalisation maison pour conjurer cette malédiction et arrêter (un peu) de me plaindre sans avancer de proposition constructive. N'ayant pas de machine à pain et ne possédant qu'un vieux four à gaz (autrement dit un cauchemar pour la cuisine), j'ai quand même mis un peu de temps avant de me lancer, jusqu'à tomber sur l'émission des chefs Bruno Gillot et Olivier Hanocq, "Bon appétit", diffusée sur la chaine culinaire El Gourmet. Chaque semaine, ces deux "franchutes" présentaient des spécialités typiques de notre pays, modernisées à l'envie et toujours de façon judicieuse, avec en ouverture une recette originale de pain à réaliser sans aucun appareil, juste à l'aide de nos deux bonnes vieilles mains. Exactement ce que je recherchais ! 

 Entre toutes les recettes proposées, j'ai craqué pour le Pain au germe de blé, une valeur sûre et somme toute assez simple à réaliser.


Pain au germe de blé

Ingrédients pour 2 pains 

500 g de farine T55
100 g de germe de blé
100 g de pâte fermentée
10 g de levure (fraiche ou en poudre)
12 g de sel
1 cuillère à soupe d'extrait de malt liquide*
300 mL d'eau


La veille, préparer la pâte fermentée en mélangeant 185 g de farine T55 , avec une 1/2 cuillère à café de levure, 1/2 cuillère à café de sel et 115 mL d'eau. Réserver dans un saladier fariné et laisser lever au frigo.

Le lendemain, mettre dans un grand bol ou un saladier la farine, le germe de blé préalablement toasté quelques minutes au four (pour qu'il soit doré et qu'il exhale tous ses arômes), la levure, la pâte fermentée qui aura bien levé, le sel et l'extrait de malt*.
Commencer à incorporer l'eau et à lier tous les ingrédients.
Pétrir pendant 15 à 20 min, la pâte ne doit plus être collante.
La réserver dans un saladier fariné et la laisser lever pendant une heure à couvert sous un torchon humide afin d'éviter que la surface ne sèche. Elle doit doubler de volume.

* : Ici, en Argentine, l'extrait de malt, qui aide à la fermentation, se trouve assez facilement en magasin diététique, mais je crois que c'est beaucoup moins courant en France. Si vous n'arrivez pas à en dénicher, ne vous désespérez pas, la recette peut très bien s'effectuer sans.




Pâte avant la première levée
Pâte après la première levée

Passé ce délai, la diviser en 2 parties égales, replier chaque portion plusieurs fois sur elle-même et former 2 petites baguettes, bombées au milieu, sur une plaque qui va au four et recouverte de papier sulfurisé.
Tamiser un peu de farine sur chaque pain et tracer une ligne dans la longueur avec un cutter ou un couteau éfilé, puis dans la largeur faire des petits traits au long de cette ligne comme si c'était une feuille d'arbre.
Laisser lever pendant encore une heure pour que les pains doublent de volume.

Pains avant la deuxième levée
Pains après la deuxième levée

Enfourner pendant 25 min dans un four à 180°.

Et voilà, encore tout chauds et bien dorés !


J'ai vraiment souhaité commencer ce blog avec cette recette qui nous a permis de retrouver le goût du pain et un peu de la maison qui nous manque tant... J'avais presque oublié ce que c'était que de croquer dans une tranche de pain frais et d'en être comblée. Depuis, on n'achète plus de pain et, les quelques fois où j'ai eu à goûter à nouveau à un pain "argentin", je me suis dit que j'avais vraiment eu raison de me mettre à la boulange car, même s'ils donnent à certaines de leurs créations des noms comme "baguette" ou "pan francés", ça n'a, croyez-moi, rien à voir.

En bonus, je vous mets un bout de l'émission "Bon appétit" pour vous aider au niveau de la réalisation du pain et vous vous délecterez de l'accent typiquement français de nos deux chefs. C'est sûr, ils viennent bien de chez nous !



Alors comme diraient Olivier et Bruno, "Chau et bon appétit" !